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  • 17.02 2021

    Marguerite Baudat n'a pas vu passer ses 100 dernières années


    La Municipalité de Prangins adresse tous ses vœux à Marguerite Baudat à l’occasion de son centième anniversaire, le 17 février 2021. A sa naissance, Prangins comptait quelque 640 habitants.

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    Marguerite Baudat entourée d'Alice Durgnat Levi, municipale, Chantal Turin, préfète, et François Bryand, syndic.

    Catégorie : Accueil
    Posté par : lpingoud

    Vous avez peut-être déjà aperçu sa silhouette menue au tea-room du village, où elle aime prendre son café quotidien. Les cheveux blonds cuivrés, vêtue avec soin, Marguerite Baudat porte ses cent ans avec panache. « Là-haut, ils ne sont pas pressés, ils ne m’ont pas appelée, rigole-t-elle. Ils n’ont pas de place avec le virus et je ne vais pas leur téléphoner ! »

    Qu’importe sa vue en perte de vitesse, qui l’oblige à lire romans et journaux à travers un écran grossissant : le regard sur le monde de cette Pranginoise pure souche reste toujours aussi acéré.

    Sa belle longévité tient-elle au petit porto qu’elle déguste chaque jour ou au verre de rouge qui accompagne le repas de midi qu’elle se mitonne et déguste avec appétit ? Peut-être à la générosité de cette femme indépendante qui a donné son temps à ceux qui en avaient besoin ou à son indéfectible optimisme ? On l’imagine en tout cas difficilement s’attribuer un quelconque mérite d’avoir si bien résisté au temps qui passe. « J’ai de la chance », répète-t-elle plusieurs fois dans la conversation.

    Des années au Tessin

    La vie n’a pourtant pas toujours été tendre avec elle. Fillette, Marguerite a la santé un peu fragile et fréquente des établissements de soin à Saint-Loup, Lavey ou Leysin. Orpheline de père à trois ans, elle a aussi vécu chez ses grands-parents lorsque sa mère s’est retrouvée seule avec six enfants à la Passade, dans le logement de fonction de son époux qui était employé communal. «La Commune le lui a laissé gratuitement jusqu’à ce qu’elle se remarie», se rappelle Marguerite Baudat.

    Depuis ses dix-sept ans et sa sortie de Leysin, elle va bien, rassure-t-elle. En 1939, la jeune femme épouse un garçon des Centovalli, venu travailler à Prangins, et part vivre avec lui au Tessin. Quelques mois après leur mariage, la deuxième guerre mondiale éclate. Elle n’a pas encore de travail et la situation n’est pas facile pour le jeune couple.

    Elle trouve ensuite un emploi à l’usine  Schindler, qui lui permet de ramener le plus haut salaire du ménage. « J’ai commencé avec 1,20 francs de l’heure, alors qu’il gagnait 85 cts », précise cette femme de tête qui conclura son 2e pilier contre l’avis de son mari. Et comme elle aime son métier, qu’elle bobine bien ses moteurs et qu’elle est rémunérée à la pièce, la paie augmente. Elle restera chez le fabriquant d’ascenseurs jusqu’à l’âge de 59 ans : les maux de dos qui l’obligent à travailler depuis dix ans avec un corset, l’éloignent alors définitivement de son emploi pour une rente AI.

    En 1977, après 38 ans passés au Tessin, elle rentre à Prangins, auprès de sa famille. Séparée de son mari depuis 1956 et sans enfant, plus rien ne la retient à Locarno. Ici, elle joue les chauffeurs pour les personnes âgées, offre son aide à qui en a besoin.

    « Que demander de plus ? »

    « Je ne voyais pas passer le temps, et je ne le vois toujours pas passer ! Il faut dire que je suis devenue tellement lente dans mes mouvements», se marre-t-elle.  Bien entourée, elle se promène, fait son ménage, lit beaucoup, écoute la radio, regarde un peu la télévision. « A mon âge, que demander de plus ? »

    La Préfecture et la Municipalité se sont associées pour célébrer la centenaire et marquer cette occasion en lui offrant un casque audio sans fil pour lui permettre de bien entendre la radio partout dans son appartement, un bon à faire valoir chez son coiffeur, du porto et du vin, ainsi qu’un abonnement pour son café quotidien au tea-room.